Bluma Finkelstein

Autrefois     je faisais de la barque

sur des  fleuves argentés

sur les cimes des montagnes

sur la crête des rêves.

Je roulais sur l’or des nuages

pieds nus sur la margelle du temps

j’étais     je vivais.

Et un jour, voici ce qui m’est arrivé :

Comme une terre aride

il m’a laissée en jachère

chez des anges abrutis.

Non ! Ne croyez rien de ce qu’il dit

n’aspirez qu’à ce vent d’automne

mais un peu moins fort

plus clément peut-être

et à la porte qui s’ouvre

sur des yeux éblouis.

Ne croyez rien de ce qu’il dit.

Ce qu’il promet c’est la falaise de Sparte

et ses rochers.

On nous a dit : Dieu veille.

On nous a vendu l’immortalité,

On nous a raconté une histoire

à dormir debout à côté

de la porte fermée du paradis.

On nous a dit: aime ton prochain comme toi-même.

On nous a dit : laissez venir à moi les petits enfants

on nous a exhorté à croire

à prier     à partager      à aimer.

Nous avons fait et écouté

ses paroles de cendre.

Maintenant, messieurs : assez !