Marc Delouze, Sonnet sonnant sa fin, photo de Patricia Nikols, Fécamp

   Sonnet sonnant sa fin

C’est là que j’ai vécu dans les voluptés calmes
Au milieu de l’azur, des vagues, des splendeurs
Charles Baudelaire, La Vie antérieur


Sous le calme des rues les clameurs étouffées.>
Sous les eaux silencieuses du port désert,
Les monstres marins des enfances désespèrent.
Sous le poème l’incendie des os brisés.

Tout est tranquille, il pleut de longs silences bleus
Sur la croupe des quais, sur les cheveux des mâts.
On vogue à la godille, on tremble à chaque pas.
Pitance abandonnée sur les étals des dieux.

Que faire alors de tout ce temps, comment tenir ?
Encagé dans les gestes contraints, le présent 
Avale le passé crache sur l’avenir. 

Quand les loups affamés dévorant l’univers 
Déserté,  vomissent sur les agonisants,
Que pèse le sonnet,  que vaut le dernier vers ?