Sabine André-Donnot, Petite transe de déconfinement

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      Un corps, un espace, une situation privée.

      Le mouvement est lancé dans une impulsion puissante qui vient de l’ancrage du bassin et des pieds et dont la stabilité profonde prend source et s’enracine au centre de la cellule.

      Rotation ample et souple du bassin qui tangue et virevolte de droite à gauche. La taille, se plie et se renverse vers l’avant, puis se casse et se creuse, liane souple, s’arc-boute en arrière et s’incline vers le sol à grande vitesse.

      La colonne vertébrale pivote de gauche à droite et tout le buste jusqu’au sommet du crâne s’engouffre dans un mouvement saccadé de spirale hélicoïdale qui l’arrache du sol vers le plafond…

      Dans ce tout petit espace le corps est traversé de flux, de secousses retenues, maintenues jusqu’à sa chute au centre de la pièce, la colonne vertébrale entre alors dans une lente reptation ondulatoire, le corps tremble et vibre de partout et soudain se redresse.

      Le souffle crépite du cœur au corps qui se plie alors en deux à la renverse, inspire/expire, diastole/systole en contorsions sinueuses qui se propagent, s’étendent puis figent brusquement le regard à l’envers du monde.

      Où suis-je ? Suis-je ?